10 avril 2026

Élèves promus sans les acquis nécessaires aux Centres de services scolaires des Phares et des Monts-et-Marées

Un sérieux coup de barre est nécessaire selon le Syndicat de l’enseignement de la région de la Mitis, SERM-CSQ

Québec, le 10 avril 2026. – Lors de l’année scolaire 2024-2025, aux Centre de services scolaire des Phares et des Monts-et-Marées, pas moins de 50 % des enseignantes et enseignants, tant au primaire qu’au secondaire, affirment que certains de leurs élèves ont été promus au niveau supérieur en dépit de leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée. De plus, 32% des profs du primaire et 28,3% des profs du secondaire ont affirmé avoir subi des pressions, notamment de la part des directions ou des parents, pour faire passer un élève au niveau supérieur sans qu’il possède les acquis nécessaires. Une telle situation est non seulement inacceptable, mais elle contrevient également à la Loi sur l’instruction publique (LIP).

Ces données ont été recueillies lors d’une consultation menée en novembre et décembre 2025 par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à laquelle le SERM-CSQ est affilié. Les résultats de la consultation illustrent clairement la complexité de la tâche des enseignants, qui doivent composer avec la présence dans leur classe d’un nombre important d’élèves n’ayant pas les acquis nécessaires pour y être.

« Ces résultats inquiétants démontrent hors de tout doute que beaucoup d’élèves dans les classes n’ont ni le niveau attendu ni une maîtrise suffisante des notions préalables, ce qui a un impact direct sur la charge de travail des profs et sur les services aux autres élèves. Il est plus que temps de donner un sérieux coup de barre pour redresser la situation, au plus grand bénéfice de tous », a fait savoir Sylvie Lefebvre, présidente intérimaire du SERM-CSQ.

Des données préoccupantes pour le territoire des Centres de services scolaires des Phares et des Monts-et-Marées :

  • Les enseignants du primaire estiment que deux élèves dans leur classe ont été promus sans les acquis nécessaires (19,5%);
  • Au secondaire, 35 % des enseignants estiment que plus du quart de leurs élèves ont été promus sans les acquis nécessaires (21,9%);
  • 14,3 % des enseignants au primaire ont au moins un élève en modification des attentes en français dans leur classe; 15,6 % en ont au moins un en mathématique. Rappelons que la modification des attentes devrait être une mesure exceptionnelle pour les élèves qui ne peuvent répondre aux exigences du programme;
  • 53,5 % du personnel enseignant consulté au primaire et 50% au secondaire, affirme que des élèves ont été promus au niveau supérieur, même s’il avait recommandé le redoublement ou le classement de l’élève en classe spécialisée;
  • 32,4 % des profs du primaire et 28,3 % des profs du secondaire ont affirmé avoir subi des pressions pour promouvoir un élève :

⇒Parmi ceux ayant subi de la pression, 46,2 % des profs du primaire affirment qu’on leur a demandé de réduire les exigences d’évaluation. Au secondaire, on a demandé aux profs ayant subi des pressions de modifier le résultat d’un élève en échec (61 %), ou de lui offrir un travail compensatoire inéquitable (44,4 %). La LIP (article 19.1) prévoit pourtant que l’attribution des notes appartient aux enseignants.

Les répercussions sur les élèves et sur l’enseignement

Les données de la consultation mettent en lumière les effets de la promotion sans les acquis nécessaires constatés par les enseignants, tant sur les élèves que sur l’enseignement.

Parmi les effets sur les élèves, on note notamment le découragement et la baisse d’estime de soi des élèves n’ayant pas les acquis nécessaires, les comportements perturbateurs ou l’anxiété chez les élèves en difficulté, tandis que les élèves les plus forts s’ennuient.

Les effets sur l’enseignement incluent notamment la difficulté à gérer les besoins de tous les élèves et à passer l’entièreté des apprentissages prévus pour ce niveau, ce qui prive le groupe d’enrichissement. Il y a des interruptions fréquentes lors des explications et une complexification due à la multiplication des mesures d’adaptation.

Une demande de discussion avec le ministère de l’Éducation

La FSE-CSQ a demandé au Ministère un espace afin de discuter en profondeur de cette problématique et de trouver des solutions pour favoriser la réussite de tous les élèves tout en s’assurant que les enseignants ne croulent pas sous la charge de travail. Rappelons que la CSQ réclame la tenue d’une grande réflexion collective sur l’état de l’éducation au Québec.

Profil

Le Syndicat de l’enseignement de la Mitis représente les quelque 1500 membres des Centres de services scolaires des Phares et des Monts-et-Marées. Il compte parmi ses membres, du personnel enseignant de tous les secteurs : préscolaire, primaire, secondaire, formation professionnelle et formation générale des adultes. Il est affilié à la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

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Source

Sylvie Lefebvre, présidente intérimaire du SERM

sylvie.lefebvre@serm.ca